Partager l'article ! L'enfer au bout de mes doigts 5: Dans l’amphithéâtre, toutes les têtes étaient penchées en av ...
Dans l’amphithéâtre, toutes les têtes étaient penchées en avant. Concentrées, sur le bout de papier qu’elles avaient devant elle. Le chuintement de la plume sur le parchemin qu’ils remplissaient, les élèves faisaient abstraction du gazouillis extérieurs des oiseaux, et des pages tournées par l’examinateur plus bas derrière son bureau. L’atmosphère était impalpablement tendue. Il s’agissait du dernier examen écrit avant le premier jour de stage dans la division qui serait certainement plus tard la leur.
Après, les épreuves pratiques qui avaient permis de connaître les aptitudes aux combats, ce dernier test permettrait de connaître les aptitudes des candidats aux commandements. Aux fils des heures, quelques têtes se relevaient. Quelques bâillements se firent entendre. Et l’examinateur avait perdu son attitude nonchalante pour observer avec attention les étudiants qui terminaient petit à petit leurs écrits.
Après un dernier coup d’œil à sa montre, Soejima Iwaki fit claquer sa règle sur son bureau et déclara froidement.
« Terminé ! Veuillez poser vos plumes et quitter vos places. Vous déposerez vos copies sur mon bureau en partant ! »
Les élèves de la première rangée se levèrent et posèrent leurs feuilles sur le pupitre. Lorsqu’ils eurent quitté la salle, ce fut le tour de la deuxième rangée et ainsi de suite jusqu’à la dernière. Aucun bruit ne se faisait entendre, si ce n’était le froissement du tissu et le bruissement des feuilles. Par contre, dans le couloir un brouhaha s’élevait.
Tous s’interpellaient mi-inquiet et joyeux, d’avoir terminé la longue série d’épreuves qu’ils enduraient depuis plus d’une dizaine de jours. Ichigo se fraya un chemin pour quitter le couloir devenu trop bruyant. Une voix l’interpella, le freinant dans son élan.
« Ichigo… tu ne restes pas avec nous ? »
L’étudiant s’immobilisa et se tourna vers Chad. Pour une des rares fois, où il entendait, se type, il faisait l’effort d’être poli.
« Non. J’ai besoin de respirer et ici, y’a trop de monde. »
Et sans attendre une éventuelle réponse, Ichigo disparu de la vision d’Uryuu, Orihime, Tatsuki et Kiego qui rejoignaient Chad.
Le roux trouva un havre de paix dans les branches d’un chêne centenaire. Le feuillage dense obstruait toute intrusion dans son domaine. Le roux maîtrisait à présent pleinement son reiatsu, ce qui était un avantage certain. L’étudiant chercha dans sa poche intérieure de son shihakusho un paquet duquel il se sortit un joint. Il se l’était préparé le matin même, en prévision de cet instant.
C’est avec délectation qu’il tira une première bouffée, et son regard absent suivit les volutes épaisses au-dessus de lui. Un sourire amer se forma au coin de sa bouche. Et dire qu’il y a quelques mois à peine, il pensait tout arrêté définitivement… Oui, mais… Coyote Starck était du genre indécis. Des mois qu’ils sortaient ensemble et… rien ! Zero, nada, nic, nothing, nichts, ничто, nulla, niets, τίποτα… il allait s’arrêter là, car de toute façon, cela ne changerait rien !
Leurs rencontres se résumaient à des exercices de kido, quelques baisers, et de longues discussions. Au début, Ichigo trouvait cela romantique, maintenant… il voulait autre chose. Il comprenait d’une part le comportement de Starck. Il n’allait pas lui reprocher d’avoir peur de son clan. Le nom de Shiba Isshin faisait trembler tout le Sereitei et au-delà. Mais quand même… comme s’il allait se plaindre auprès de son père de ce genre de relation. Il se ferait tuer sur place et il n’osait même pas imaginer la honte qui serait jetée sur son nom et la compromission de son statut au sein du Gotei13.
Starck lui avait bien expliqué les règles. Ichigo avait été très surpris d’apprendre qu’ils étaient plus nombreux qu’il ne le pensait. Lui qui se croyait seul, découvrait un monde autre. Les homosexuels n’étaient pas acceptés et ne le seraient jamais. Ils étaient tous des parias et la plupart d’ailleurs vivait une double vie. Les rencontres étaient la plupart du temps furtives, aussi bien chez les hommes que chez les femmes.
Par malheur, si un noble était l’un d’entre eux, généralement il était enfermé dans sa demeure. Le déshonneur frapperait la famille et le clan. C’était une tare méprisable et scandaleuse. La pire infamie qui pouvait toucher une famille qu'elle soit noble ou pas. Ichigo avait écouté tous les conseils que lui fournissait son amoureux, mais au fil des conversations sur le sujet, il se sentait abject. Oui, c’était cela qu’il avait ressenti au départ.
À présent, Ichigo trouvait cela très injuste. Il ne le faisait pas exprès. Les filles ne l’intéressaient pas ! Ce qui l’avait le plus perturbé dernièrement, c’était l’insistance de Mazaki à vouloir lui parler du nom Shiba et de la prochaine génération. Comment allait-il s’en sortir ? Il était sûr qu’il allait devoir subir un Omiai. Si c’était le cas… inconsciemment le cœur d’Ichigo se mit à battre plus vite. L’idée même d’une telle union le consternait, le révulsait, lui donnait envie de hurler.
Ses pensées se tournèrent enfin vers l’examen qu’il venait de terminer. Il avait fait de son mieux contrairement aux examens de kido où il avait lamentablement échoué. Incapable de jeter le moindre sort, il s’était ramassé certainement une bulle. Une chance qu’au combat, il se soit rattrapé… et puis, il y avait les écrits. Enfin, quoi qu'il en soit, s’il voulait obtenir un siège et non être le sous-fifre d’une quelconque division, il avait donné ce qu’il pouvait au test final. Il avait terminé dans les premiers et s’était relu à plusieurs reprises pour être sûr de ne pas s’être trompé.
Starck n’avait pas voulu le privilégier en lui donnant des cours particuliers. Il s’était seulement consacré à lui redresser son niveau déplorable en nécromancie. Et il y était parvenu, sauf qu’énervé par la dernière entrevue qu’il avait eue avec lui le matin de l’examen, Ichigo s’était vautré à son test. Le fait d’y repenser l’agaça une nouvelle fois.
« Pourquoi refuses-tu d’aller plus loin ? S’était écrié Ichigo. Tu ne m’aimes pas ? De quoi as-tu peur ? Tu es pathétique à force… »
Ichigo avait donné un violent coup de pied dans une chaise la faisant basculer. Starck était resté impassible, sous le regard devenu cognac de son jeune amant. Il avait passé une main lasse dans ses cheveux mi-longs.
« Ichigo… je t’ai déjà dit qu’ici, il était préférable que nous ne nous voyions pas. Souviens-toi que l’on sait pour moi… je ne veux pas que cela te touche…
— Et si je m’en fichais ?
— Et si moi, je ne m’en moquais pas ? Que crois-tu qui arriverais si tout ceci éclatait au grand jour ? Pense un peu à ton avenir…
— Mais je ne le vois pas sans toi ! »
Starck avait eu un faible sourire. Ichigo se souvenait avec acuité de la chaleur de son étreinte, puis de celle glacé de la séparation. Starck s’était échappé à la porte alors qu’Ichigo cherchait à l’enlacer à son tour.
« Shiba-sama… entendre ses paroles me procures beaucoup de plaisir, mais en même temps… je connais déjà l’issue d’une telle liaison. Je pense ne pas avoir assez réfléchis aux conséquences…
— C’est maintenant que tu y penses ? Hurla incrédule Ichigo.
— Je suis désolée, Shiba-sama ».
Ichigo en était resté pantois, alors que la porte se refermait doucement.
Qu’allait-il bien pouvoir faire de sa vie ? Ichigo s’allongea sur la grosse branche et suivit du regard les feuilles qui se balançaient doucement sous la brise printanière. Ses yeux se fermèrent à demi. Des images psychédéliques se formèrent dans son cerveau qui n’arrivait plus à présent à faire la différence entre les souvenirs, la réalité et son imaginaire. Finalement, il détestait toujours un peu plus sa vie qui n’avait aucun sens.
°°0o0°°
C’est avec mauvaise grâce qu’Ichigo se dirigea vers la cinquième division, accompagné de quelques élèves ayant fait partie ou non de sa classe. Il avait fait des pieds et des mains pour aller à la onzième et tous d’un commun accord, avait décidé d’envoyer le noble dans la division d’Hirako Shinji.
Yoruichi était la seule à avoir protestée et avait demandé une dérogation pour sa propre division. Mais, le Soutaicho avait préféré envoyer l’étudiant dans une division où justement il n’aurait pas d’accointance avec son capitaine.
Isshin avait été favorable à cette décision. Hirako s’en foutait. Il se souvenait à peine de ce jeune garçon turbulent, et pourtant poli avec lui. Il songeait qu’il allait bien s’amuser, puisque cette tête d’huître de noble n’arrivait pas à maîtriser même un misérable sort tel que « Saï ».
Lorsque les murs de la division furent en vue, Ichigo contempla quelques secondes la grande porte. Le souvenir du capitaine blond l’effleura. Un sourire naquit sur ses lèvres, en songeant aux grimaces auxquelles s’étaient laissées aller Hirako… sept ans déjà. Un froncement de sourcil se forma sur son visage, en ruminant sur le type à lunette et sa tête de faux-cul. Lui, c’était sûr, il ne pourrait pas le blairer !
Il suivit le reste du groupe et posa son paquetage à ses pieds, alors qu’apparaissait justement le type à lunettes que ne pouvait pas voir Ichigo. Son badge de fukutaicho le fit se raidir. Il observa longuement la fleur de muguet emblème de la division. Le jeune homme ramassa ses affaires et prit soin de se trouver dans les derniers, ne voulant pas attirer l’attention sur lui, dès le premier jour.
Bien sûr, sa couleur de cheveux parla plus fort que s’il avait crié. Le regard du fukutaicho se porta sur lui. Le sourire qui se grava sur ses lèvres, fit plisser les yeux d’Ichigo de méfiance. Ainsi donc, il ne l’avait pas oublié ? D’ailleurs, ce dernier le masqua rapidement, et s’adressa à l’ensemble des nouveaux arrivés.
« Soyez les bienvenus à la cinquième division… Je suis Aizen Sosuke, le fukutaicho de la cinquième division. Notre Taicho n’est pas présent actuellement, je le remplacerai donc aujourd’hui. Chacun d’entre vous a été assigné à une tâche particulière, ainsi qu’à un programme collectif à la division. Mais, avant tout cela, je vais vous montrer vos chambres où vous pourrez ranger toutes vos affaires. Ensuite, vous rejoindrez cette cour. Nous vous ferons visiter votre peut-être, future division… »
Ichigo se demanda si c’était son imagination ou bien, le fukutaicho avait appuyé sur le peut-être en le fixant ? Il écouta le reste du discours d’une oreille distraite. Ichigo se plaça à l’arrière du groupe une nouvelle fois. Il intégra le dortoir des hommes et se retrouva devant son futon. Il rangea ses affaires dans son armoire et observa le grand dortoir ou de fines cloisons séparaient les futons des uns des autres, laissant un peu d’intimité. Toutefois aucune porte ne fermait l’espace.
D’un seul coup d’œil, Ichigo embrasait la pièce qui devait mesurer dans une vingtaine de mètres sur dix. Ichigo gagna l’extérieur et vit apparaître dans le bâtiment à côté du sien, les filles qui faisaient partie de sa promotion. Aucun ne parlait vraiment, trop impressionné pour certains, et d’autres comme Ichigo qui attendait de voir comment les choses allaient se dérouler dans la division qui serait peut-être la leur.
Contre toute attente, Aizen se révéla un guide courtois, et plein de charme. Notamment auprès des jeunes femmes. Ichigo eut la surprise de se retrouver de garde la première semaine. Il serait accompagné par deux autres recrues dont Hinamori Momo. Ichigo l’appréciait bien, calme et d’humeur égale, elle n’empoissonnait personne avec des questions idiotes. D’autres commençaient moins bien leurs vies dans la division, en étant de corvée de nettoyage.
Ichigo prit son emploi du temps et constata que sa première semaine était plutôt bien remplis. Toutes les instructions étaient notées clairement et le petit mot d’avertissement sur un quelconque retard ou manquement à la discipline faillit le faire sourire. Mais, il se garda bien de le faire. Pour une fois, Ichigo tenterait d’être sérieux. Peut-être qu’ainsi, il pourrait demander sa mutation à la onzième division ?
Le fait que tout soit réglé comme une horloge apaisa le shinigami. Il n’avait pas à se creuser la tête pour chercher quoi que ce soit. Aizen avait montré toutes les structures de la division, et fournit un plan. Il était impossible de se perdre ou de s’ennuyer. Finalement, cette vie allait lui plaire constata-t-il au fil des heures qui s’écoulaient. Même le fukutaicho lui parut hautement sympathique.
Lorsqu’il s’échoua sur son futon en fin de soirée, le ventre tendu par une nourriture excellente en goût et en quantité, ravi de s’être fait quelques amis rapidement, le roux sombra dans un sommeil sans rêves. Le lendemain serait un autre jour…
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Ichigo fut réveillé le lendemain par l’équipe de nuit. Fujimaru Kudo le laissa pour réveiller les autres stagiaires de faction. Le roux ne traîna pas, et il gagna les douches pour ensuite terminer au réfectoire. À sa surprise une centaine d’hommes déjeunaient déjà. Momo vint se joindre à lui.
« Je suis excitée par ce premier jour…
— Je suis impatient de commencer également.
— Tu crois que nous serons immobiles devant la porte ?
— Je n’en sais strictement rien. »
Ichigo sortit sa feuille et Hinamori en fit autant. La jeune femme commenta.
« On nous attend devant l’entrée principale. D’ailleurs, il ne nous reste plus beaucoup de temps. »
Les deux shinigami terminèrent rapidement leur repas. Lorsqu’ils se présentèrent, ils furent parmi les premiers. Aizen les attendait la tête plongée dans des documents. Il s’arracha à sa lecture, une fois qu’une trentaine de shinigami se furent rassemblés autour de lui.
« Bien, vous êtes tous à l’heure… Je voudrais que les nouveaux, se mettent en poste avec un shinigami aguerri. Il va vous expliquer durant toute la semaine vos tâches et votre mission au sein de la division. Chacun d’entre eux à un planning strict à respecter. Si vous ne vous conformez pas à ce dernier, vous serez mis aux arrêts ! Le maître mot de la division est la discipline et l’honneur. Gardez-le toujours en tête. Sachez qu’un entraînement aura lieu en début d’après-midi pour vous les stagiaires. Nous allons faire une simulation de combat, avec bien sûr des cas de figure auxquels nous avons été confrontés sur le terrain. Pour le kido, nous verrons cela en milieu de semaine… »
Aizen jeta un œil sur son document, puis comme s’il se rappelait quelque chose d’important, il leva les yeux et les dirigea vers Ichigo.
« Shiba, vous vous joindrez à moi pour cet entraînement. On nous a fait parvenir vos résultats et… le mot catastrophique est vraiment faible pour mesurer vos compétences dans le domaine. Il est hors de question que vous soyez à la traîne sur cet exercice. C’est une question d’honneur pour la division. D’ailleurs, le capitaine a demandé que vous le rejoigniez après le repas de ce soir, pour vous donner un entraînement particulier. Il tient à voir de lui-même l’ampleur des dégâts… »
Ichigo devint écarlate devant tous les regards qui s’étaient fixés sur lui. Il se racla la gorge plus ou moins discrètement, et aurait fait ravaler le sourire d’Aizen s’il n’était pas le point de mire de la division.
« Vous pouvez rompre. »
Ichigo entendit son nom et vit un homme roux presque rouge se diriger vers lui. Il devait avoir dans la trentaine. Un froncement de sourcil barrait son visage.
« Tu es Shiba Ichigo ?
— Hai…
— Je m’appelle Suzunami Seigen. C’est moi qui serais ton instructeur durant tout ton stage ici. Contrairement aux autres qui auront un instructeur différent au cours de leur vie ici dans la division.
— Pourquoi ? S’étonna Ichigo.
— Parce que je suis noble comme toi. Enfin, ma famille est moins puissante que la tienne… Il faut dire qu’il faut s’appeler Kuchiki pour rivaliser, et encore…
— C’est parce que je suis noble qu’on me réserve ce traitement ?
— Oui. Et puis, nous avons su par l’Académie que tu n’étais pas très… malléable. Un shinigami sans titre, serait trop impressionné pour oser te répondre. Le capitaine a donc décidé de me mettre à ton service. Sache que j’ai ordre de te faire entrer dans le rang et de te faire progresser… »
Voyant l’air contrarié du roux, Seigen soupira et se gratta la tête.
« Écoute, Hirako Taicho souhaite que tu es de bons résultats. Il refuse qu’un de ses stagiaires et ce quel qu’il termine à la traîne. Il n’est pas dit que tu finisses dans notre division… et Hirako Taicho se fait un point d’honneur à ce que chaque shinigami passé dans sa division puisse survivre dans une autre. Ne crois pas que tu es un traitement spécial, mis à part moi dans cette équation. Tous les stagiaires ont un programme qui les fera progresser là où ils sont les plus faibles.
— Je n’avais pas songé à cela…
— Toutes les divisions ne pratiquent pas ce genre de programme… je crois même qu’il n’y a que la cinquième division qui le propose. Allez viens, nous sommes déjà en retard. Nous avons une zone à surveiller. »
Ichigo suivit Suzunami en silence. Il dut faire en sorte de maîtriser son shunpo. Le quatrième siège comme il l’apprit une heure plus tard, était beaucoup plus lent que lui. La journée passa comme un éclair. Entre l’apprentissage de son tour de ronde, le rapport qu’il devait effectuer, les exercices de combats auxquels il participait. Ce n’était pas Aizen qui s’occupa de l’exercice mais le troisième siège Matsuri Kudo qui s’en chargea. La shinigami avait de l’énergie à revendre et surtout un timbre qui n’avait nullement besoin de porte-voix.
Pour éviter toute polémique, Ichigo se tint à carreau. Il préféra jouer les profanes plutôt que d’imposer sa puissance et sa technique au cours du premier exercice. De toute façon, de revoir les bases lui faisaient du bien. La vie dans la division lui plaisait de plus en plus et c’est enthousiaste qu’il retrouva Hinamori pour le repas du soir.
« Tu as l’air… détendu, Ichigo. » Sourit Hinamori. « Je ne t’ai jamais vu aussi heureux
— La vie dans la division me plaît.
— C’est vrai que c’est beaucoup plus intense et intéressant qu’à l’Académie. Aurais-tu pour projet d’abandonner ta candidature pour la onzième division ? » Fit Momo en avalant une cuillère de son oden.
— Je ne sais pas. » Répondit en haussant les épaules le roux. « Je verrai bien comment les choses vont se dérouler ici, et puis, tout ne dépend pas de moi. Le capitaine de la division à son mot à dire…
— Tu dois le rejoindre pour quelle heure ?
— À la fin du repas. Tiens-le voilà ! »
Ichigo et Momo tournèrent leurs regards vers leur capitaine, accompagné par son fukutaicho sur les talons. Hirako bailla en passant une main lasse devant sa bouche. Il n’avait pas particulièrement éveillé et paraissait plutôt d’humeur boudeuse contrairement à son fukutaicho, qui arborait toujours une mine réjouie. Même un peu trop parfois pour Ichigo. Mais, c’était son opinion personnelle. La voix d’Hinamori le tira de ses rêveries.
« Qu’il est beau… » Soupira Momo.
— Le taicho ? » S’étonna Ichigo en détaillant le blond aux longs cheveux. « Ce n’est pas ce qualificatif-là que j’aurais choisi.
— Non, Aizen Sosuke ! » Rit Hinamori.
Le regard d’Ichigo se dirigea vers le fukutaicho qui s’installait en seiza. Il était effectivement séduisant et le serait certainement plus sans ses lunettes, admit le shinigami. Mais en comparaison avec Starck, son choix était vite fait. Ce fut à son tour de soupirer mais pas pour les mêmes raisons. Il aurait pu être à ses côtés, finalement leurs soirées lectures allaient lui manquer.
Une heure plus tard, Ichigo frappa à la porte de son capitaine. Un « entré » sec se fit entendre. Le cœur battant et mal à l’aise, le roux entra. Hirako Taicho n’était pas grand, lui-même devait, le dépasser de quelques centimètres, mais il en imposait derrière son bureau. D'autant plus que sa mine n’était pas lasse ou rêveuse, mais concentrée. Le blond fit tomber sa plume et examina le shinigami planté comme un I au milieu de la pièce.
« Shiba Ichigo… quel plaisir de vous revoir. Vous avez grandit dites-moi depuis notre dernière rencontre…
— Vous vous en souvenez ? » S’étonna le roux.
— Oh… je n’organise pas tous les jours des concours de grimace avec n’importe qui. » Sourit le capitaine malicieux.
Hirako attrapa une feuille sur le coin de son bureau et lue la page avec attention.
« J’ai ici vos résultats de vos examens… Vous êtes digne d’obtention d’un siège, Shiba-kun, mais… votre niveau de kido est nul, sans vouloir vous vexer. Comment avez-vous fait pour n’obtenir aucun point ? Vos résultats aux combats sont prodigieux. Ceux portant sur la théorie et l'organisation de division, vos résultats sont impressionnants ; vous pourriez postuler pour un troisième siège. Alors pourquoi n’êtes vous pas plus appliqué ? J’ai vu sur votre dossier que vous aviez foulé aux pieds le règlement et que vous n’aviez participé à aucun cours de kido en six ans… Ceci explique cela… » Marmonna Shinji.
— J’étais en… »
Ichigo hésita à répondre, ne trouvant pas les mots exacts à son indiscipline.
« Oui ? » Interrogea doucement Hirako en se levant. « Cela m’intéresse… autant que je sache tout de suite ce qui cloche ! Au fait, j’ai vu que vous postuliez pour la onzième. Pas question ! Si je vous forme et que j’ai des résultats, vous resterez dans ma division.
— Mais si je ne progresse pas ?
— Vous n’êtes pas un imbécile… Si ? Hum… je pourrais savoir où avez-vous planqué votre reiatsu ?
— Pardon ? » S’étonna le roux alors que son capitaine passait devant lui.
— Suivez-moi, nous allons aller sur le terrain d’entraînement numéro deux. Vous pourrez pulvérisez tout ce qui s’y trouve, il doit bientôt être fermé pour travaux.
— Hai… »
Ichigo suivit Shinji et observa les longs cheveux blonds qui se balançaient au rythme de sa démarche.
« Donc, vous maîtrisez votre reiatsu Shiba-kun ?
— Hai !
— Vous avez beaucoup progressé. » Fit malicieux le capitaine en lui jetant un coup d’œil par-dessus son épaule.
— Mon père a refusé que j’intègre l’Académie si c’est pour assommer tout le monde. Alors... je n’ai pas eu beaucoup de choix.
— Vous l’avez maîtrisé en si peu de temps, je vous admire. » Sourit Shinji.
— Non, enfin, une bonne partie en arrivant à l’Académie, mais c’est surtout depuis deux ou trois ans que j’y arrive parfaitement.
— Bien, bien… »
Hirako disparut du champ de vision d’Ichigo qui localisa son Taicho se dirigeant vers le terrain numéro deux. Le roux se dirigea dans la même direction et évita de montrer ses réelles dispositions à son capitaine.
« Shiba-kun… nous allons commencer ce soir par des exercices simples de concentration. Nous verrons pour la mise en pratique un peu plus tard. Le fait que vous dominiez votre reiatsu est déjà un grand point. Cela prouve que vos instructeurs n’ont pas trouvé les bons moyens pour vous intéresser à cette discipline.
— Vous croyez ? S’étonna le roux.
— Bah… peut-être êtes-vous aussi très mauvais, ou bien êtes-vous mal embouché ? Ou bien, vous le controlez, mais vous ne voulez pas que cela se saches… qu’en sais-je moi ? » Fit Hirako en inclinant la tête pour se gratter l’oreille.
Ichigo eut un petit sourire. Il examina d’un œil neuf son nouveau capitaine.
« Enfin quoi qu'il en soit, je m’en fiche ! Suzunami m’a averti que vous mettiez de la bonne volonté dans toutes vos tâches et Kudo m’a affirmé que vous étiez très appliqué durant les exercices. Il n’y a pas de raison pour que cela ne fonctionne pas avec moi non plus ! Bref… nous allons faire de vous un shinigami des plus brillants. Votre père en sera ravi…
Ichigo se raidit légèrement à l’évocation d’Isshin.
« Je m’en fiche de mon père…
— Pas lui ! Il m’a fait un laïus très instructif ce midi. Je lui ai dit de s’occuper de ses augustes fesses. »
Ichigo faillit éclater de rire en imaginant la tête de son père. Personne ne lui répondait ainsi, et le jeune noble savait qu’Hirako ne racontait pas de mensonges, il était connu pour son parler franc et direct.
« Bon, ce n'est pas tout ça, commençons la leçon… »
Ichigo suivit à la lettre les instructions d’Hirako. À sa surprise, la façon d’enseigner de Shinji était complètement différente de celle de Starck. Lui qui pensait commencer le soir même à envoyer des boulets rouges ou immobiliser un objet ou un petit animal, il se contenta d’apprendre à respirer, et à maîtriser les images qui passaient dans son esprit. La concentration pour Hirako était la clef de toute la réussite. Ichigo ne put s’empêcher de faire la réflexion.
« Hum… comment veux-tu exploser quoique ce soit agiter comme tu l’es ?
— Agité ?
— Tu te poses beaucoup de questions, Shiba-kun. À ta place, je m’en poserais tout autant. Cela doit être dur lorsque son destin est déjà tout tracé. Lorsque l’étiquette vous impose vos choix et votre vie… »
Le cœur d’Ichigo se mit à battre très vite. Il demanda la gorge sèche.
« Que voulez-vous dire ?
— Quoi ? Vous n’êtes pas au courant ?
— A propos de quoi ? S’étonna le roux de plus en plus mal à l’aise.
— De votre mariage… »
— P… pardon ?
— Ah… je crois que j’ai gaffé. » Soupira Shinji visiblement mécontent. « Je suppose qu’Isshin voulait vous faire la surprise… Nous avons appris il y a quelques mois que vous alliez vous mariez avec la plus jeune sœur du capitaine de la huitième division… Hisae Kyouraku. Magnifique alliance sur le papier… »
L’annonce apparut comme un coup de tonnerre. Les bras d’Ichigo tombèrent le long de son corps. Ce qu’il craignait depuis si longtemps, venait de lui être annoncé. Comment allait-il pouvoir vivre ? Starck était-il au courant ? Un tas de questions tourbillonnait dans sa tête. Qui était cette fille ? L’idée même le révulsa. Ichigo disparu ne laissant pas le temps à Hirako de faire le moindre geste.
« Rapide… » Souffla Shinji qui voyait l’un de ses soupçons se concrétiser. Shiba était très fort… il se demandait même s’il n’avait pas le niveau de son fukutaicho qui lui aussi, était d’un niveau capitaine. Cela allait provoquer quelques vagues… enfin, se n’était pas sa faute, Shiba Isshin ne l’avait pas prévenu que son fils n’était pas au courant de son propre mariage ! D’autant que tout le Sereitei était au courant…