Partager l'article ! Le club Panthera: Auteur : Jijisub Scénario : Seeliah / Jijisu ...
Auteur : Jijisub
Scénario : Seeliah / Jijisub
Rating : + 16 ans.
Genre : Romance
Non bêta lecté !
Synopsis : Kyle est le patron du club Panthera à New-York. C’est un club de striptease féminin / masculin. Tous les week-ends, il regarde un de ses protégés comme si il était envouté. Léo est un étudiant en droit qui se paye ses études grâce au club. Cela fait quatre ans qu’il se déshabille et Kyle s’aperçoit qu’il supporte de moins en moins l’attention dont le jeune homme fait l’objet.
Jusqu’au jour où… le destin décide de brouiller les cartes.
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« Arrête de le mater comme t’l’fait Kyle… On pourrait t’arrêter pour viol ou harcèlement sexuel !
— Ta gueule Kristina… »
Le patron du Panthera détacha son regard de la silhouette du danseur qui s’effeuillait depuis cinq bonnes minutes devant un parterre de femelles en chaleur. Il observa sa gérante qui avait un sourire ironique sur le coin des lèvres.
« Et j’vois pas d’quoi tu parles !
— Vraiment ? » Répliqua narquoise la blonde qui repoussa sa lourde crinière derrière son épaule. « Pourtant, tu le mates tous les vendredi soir et ce de plus en plus souvent… quoique depuis un an, c’est tous les vendredis !
— Ne raconte pas n’importe quoi. » Grogna Kyle Stefesson.
L’homme attrapa son verre de bière et avala une large rasade. Il quitta la pièce et se rendit dans la salle réservée au striptease féminin. Kristina le suivit sans un mot. Kyle observa la salle bondée où une foule d’hommes plus ou moins respectables suivaient du regard une de ses ex. Anilyn se trémoussait de manière suggestive, mettant en avant ses formes généreuses et prenant un malin plaisir à faire durer le suspense.
« Les entrées sont comment ce soir ?
— Pas mal du tout… Une de nos meilleures soirées du mois. Je voulais te dire que Tia est absente depuis deux jours et je n’ai toujours pas reçu de nouvelles. J’ai essayé de la contacter ce soir mais, ça ne répond pas.
— Je m’en occuperai moi-même… Qui la remplace ?
— Mégane !
— Ok… je retourne à mon bureau. Si quelque chose ne va pas… tu m’appelles !
— Bien patron… »
Krystina eut un petit sourire qui passa inaperçu chez Kyle et c’était tant mieux, songea la jeune femme. L’imbécile s’enfermait certainement pour mater tranquillement Léo, sans avoir à subir ses réflexions.
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Installer derrière son bureau, Kyle observa à nouveau la fin du spectacle de Léo. Les mouvements félins du jeune homme le captivaient. Sa souplesse, sa musculature fine et harmonieuse, le regard de braise de ce descendant italien, sa bouche bien dessinée toujours entrouverte ou parfois la langue léchait la commissure avec gourmandise, ses longs cils recourbés presque féminins, ses cheveux courts, bouclés et certainement soyeux au touché l’avaient envouté.
Kyle jura entre ses dents. Le bout de ses doigts caressa le moniteur de surveillance. Il était beau, il était sensuel, il était le seul homme qu’il n’ait jamais désiré. Il ne savait pas du tout comment cela avait pu se produire. Mais, il ne ferait aucun geste vers l’étudiant. Bientôt, le jeune homme le quittera pour devenir avocat ou il ne savait quoi. Et puis, il ne se voyait pas coucher avec un mec, même s’il avait le béguin pour lui.
Kyle soupira et se plongea dans sa comptabilité et ça… c’était plutôt mortel pour lui. Le fisc venait lui chercher des embrouilles et il se devait d’être plus concentré sur ce qu’il faisait. Enfin, il essayait… Le patron soupira en songeant aux jeunes femmes malades qui déposaient des arrêts et il se posa la question de savoir comment il allait faire tourner son établissement.
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Regagnant les vestiaires, Léo se fraya un passage entre les danseuses et les danseurs qui s’entassaient dans un vestiaire commun. Les discussions allaient bon train et la moitié des artistes se baladaient pratiquement nus, indifférent aux corps ainsi exposés, certainement parce qu’ils avaient trop l’habitude de se côtoyer.
Le jeune homme répondit aux appels dont il faisait l’objet.
« Tu rentres déjà ? Demanda Kylie qui terminait d’enfiler son costume de scène.
— J’ai du boulot ce soir…
— Oh… dommage. On allait en boîte après avec les autres…
— Une prochaine fois. Et puis, je t’avoue être crevé ces derniers temps. Mais, je te promets de me joindre à vous prochainement…
— J’te l’rappellerai lâcheur ! » Sourit Kylie avec un grand sourire.
Léo fila sous la douche. Comment pouvait-il dire aux autres qu’il n’était plus étudiant et qu’il était devenu maintenant avocat depuis presque un an. La seule raison pour laquelle, il continuait de fréquenter le club, c’était pour son ambiance familiale mais surtout… parce que Kyle Stefesson le dévorait du regard.
Ce quadra, playboy et hétéro assistait à toutes ses représentations. Au début, Léo pensait qu’il agissait ainsi avec tout le monde. Mais, les autres danseurs et danseuses lui confirmèrent que Kyle n’assistait qu’à ses stripteases. Anylin lui avait avoué qu’elle avait rompu avec le patron parce qu’elle ne supportait plus l’attention dont le couvait Kyle.
Léo sortit du club par la porte de derrière. Il se faisait discret. En aucun cas, l’avocat ne voulait se faire repérer par une quelconque connaissance. C’est pourquoi, il s’habillait de manière « jeune » lorsqu’il pénétrait dans le club. Baggis, basket, T.Shirt moulant et ouvert sur des colliers en grosses perles colorées, piercing aux oreilles et lentilles de contact. Son costume et ses lunettes n’étaient réservés qu’au bureau et au tribunal.
La ruelle sombre, fit place à une rue animée et le jeune homme descendit rapidement les marches du métro, tout en sortant son mp3 pour s’étourdir de musique. Une fois dans la rame qui le ramènait chez lui, Léo ferma les yeux et vit le visage de Kyle.
Il dégageait un tel magnétisme. Il devait faire presque dans les deux mètres, taillé comme une armoire et pourtant, son visage était d’une beauté qui ne laissait personne indifférent. Les cheveux noirs qu’il tentait de discipliner avec du gel mais, dont quelques mèches parvenaient à s’échapper du carcan pour tomber sur son front haut. Son regard bleu, presque violet tellement ils étaient sombres…
Léo soupira. Il n’était pas gay mais, il avait craqué sur son patron et ce depuis un petit moment déjà. Au début, il pensait que son intérêt n’était que passager certainement parce qu’il avait très sympa avec lui. Un des rares types qu’il connaisse aussi réglo avec son personnel. Et puis, Kyle avait de l’humour… et c’est en le côtoyant toutes ces années qu’il s’était laissé à l’aimer en secret.
Un pari circulait dans le club parmi le personnel pour savoir quand les deux hommes sortiraient ensemble. Tous savaient Léo amoureux de son patron. Mais, l’avocat n’avait pas l’intention de faire quoique ce soit pour amorcer un quelconque rapprochement sentimental. Léo ouvrit les yeux et constata que la prochaine sortie était la sienne. Son esprit se dirigea vers le dossier qu’il traitait actuellement et qui lui donnait quelques fils à retordre.
Une heure plus tard, habillé d’un survêtement confortable et d’un mug de café fort, penché sur les preuves de l’accusation, Léo avait oublié son « autre » travail.
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Encore une soirée de finit pour l’avocat qui se demandait encore combien de temps, il pourrait assurer ses prestations. Quelque part, cela le déchirait de devoir se poser cette question. Il aimait son job. Un léger sourire effleura ses lèvres lorsqu’il franchit le seuil du club. Il aimait se trémousser et s’exhiber. Et puis, l’ambiance était autrement plus chaleureuse qu’à son bureau froid où les rapports étaient faussés quoique polis. Au club Panthera, Léo avait une famille qu’il n’aurait jamais dans la vraie vie.
Traversant la petite ruelle qui le mènerait une nouvelle fois hors du club, Léo fut arrêté par un homme plutôt grand et corpulent.
« Salut… Léo… »
Le jeune homme fronça les sourcils et observa son interlocuteur. Il frissonna en constatant qu’il était plutôt éméché. Léo songea qu’il ne ferait pas le poids si ce type lui cherchait des noises.
« Salut… On s’connait ?
— Nan… mais j’demande qu’ça… Ça fait des semaines que je t’observe.
— Vraiment ?
— Ouaih… mais, t’as les yeux uniquement braqués sur ton patron !
Plissant les yeux, Léo cherchait à se sortir d’une situation qui lui semblait délicate.
« C’est vrai qu’il est pas mal ton patron… mais, oublie-le ! Il est hétéro…
— Moi aussi. Répondit sans sourire Léo.
— N’raconte pas de conneries ! Pas vu comment tu l’mates… »
L’homme paraissait reprendre haleine et Léo voulu contourner le client du club. Ce dernier s’en aperçut et lui coupa toute retraite.
« Où tu comptes allez comme ça ?
— Rentrer chez moi !
— Oh… dans ton p’tit appartement chic sur East Village ?
— Com… »
Léo fronça les sourcils. Comment ce type savait cela ? L’autre éclata de rire en voyant la confusion sur les traits de son interlocuteur.
« Parce que je t’suis… T’as jamais fait attention à moi… et t’es pas du genre à regarder tes arrières !
— Qu’est ce que tu me veux à la fin ! S’énerva l’avocat.
— Q’tu couches avec moi !
— Hors de question…
— J’t’paye ! Tu n’vas pas m’dire que ton salaire ici t’permet de t’payer ton appartement ?
— Cela ne vous regarde pas ! Maintenant, laissez-moi passer !
— Sinon quoi ? » Ironisa l’homme devant lui.
Léo recula, tandis que son vis-à-vis s’approchait inexorablement. Pour la première fois de sa vie, l’avocat eut peur. Jamais, il n’avait eu affaire à ce genre de situation. Il savait certes se défendre mais, il ne mesurait qu’un mètre quatre vingt deux et ce type devait au moins être plus grand d’une quinzaine de centimètre et deux, voir trois fois plus gros que lui. Léo savait qu’il n’avait aucune chance.
« Tu sais… j’étais une vedette avant… j’étais plutôt bien foutu ! J’faisais defensive-end[i] chez les Jets…
— Vraiment ? » Demanda Léo toujours en reculant.
— Ouaih… et j’m’suis fait virer parce que j’étais trop violent !
— Ah… On ne dirait pas… » Souffla l’avocat qui voyait la porte du club se rapprocher.
— C’est ce qu’j’me dis ! J’suis plutôt un gars gentil… » quand on fait c’que j’demande ! Renifla l’armoire à glace. « T’essaye pas de t’tirer là ? » Questionna vivement l’ancien footballeur le regard braqué sur sa proie et la porte.
— Moi ?
D’un mouvement vif, Léo bondit vers la porte pour échapper à son agresseur. Son regard était braqué sur la porte si proche. Ses mouvements, il les voyait comme au ralenti. Il hurla lorsqu’il sentit deux bras puissants encercler sa taille pour le plaquer durement sur le sol. Léo en fut presque assommé. Sa vue se brouilla et la voix de l’ex-footballeur lui parvenait comme un écho lointain.
Il sentait seulement les doigts lourds qui lui arrachaient ses vêtements. L’instinct de survie qui l’animait encore le poussait à se débattre de toutes ses forces et à donner des coups un peu maladroitement. Pourtant, il entendit un grognement de douleur dans le chaos qui lui obscurcissait son jugement. Un coup de poing à la mâchoire, assomma définitivement le danseur.
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Un hurlement fit sursauter Kyle qui était occupé à régler un problème au bar. Il vit surgir Kylie comme une dératée.
« Patron… patron ! Venez vite… Y’a un type qui est en train de violer Leo à l’arrière du Panthera ! »
Kyle bondit et laissa son barman se débrouiller. La colère monta en lui avec violence et un voile rouge obscurcit sa vue quand il vit le type qui bougeait en Léo qui était visiblement évanouit. Kyle attrapa le type comme une crêpe. Sa force s’était trouvée décuplée en voyant le spectacle sordide. Il allait tuer son client de ses mains. Il l’avait vu de nombreuses fois en fond de salle, observant Léo de manière malsaine. Bon nombre de fois, il aurait voulu le virer mais, Kyle ne pouvait pas virer tous ses clients pour ce motif !
Le type était aussi grand que lui-même. Mais, contrairement à lui, il était uniquement constitué de muscles. Ses entrainements réguliers en salle allaient lui servir. Kyle se défit de son adversaire qui sur le coup de la surprise n’avait pas réagit. Pourtant, quand ce dernier lui porta un crochet, il le sentit passer. Le patron du club ne réfléchit plus, et roua de coups l’agresseur de Léo.
Son personnel se jeta sur lui pour éviter qu’il ne tue l’homme assommé sur le sol.
« Arrête Kyle ! Hurla Anylin. Il est k.o ! Il en a eu pour son compte ! Tu vas le tuer et finir en taule !
Kyle se recula en titubant et passa une main ensanglantée dans ses cheveux. Brett un des danseurs déclara
« J’ai appelé une ambulance… Léo est en vie… mais, il est amoché ! »
Se détournant du tas qui gisait sur le sol, Kyle se dirigea vers Leo qui avait été recouvert par une veste pour protéger sa nudité. Le patron du Panthera se pencha et caressa les cheveux bouclés qui étaient encore plus soyeux que tout ce qu’il avait imaginé. Puis, Kyle souleva le corps brisé et tout le personnel qui n’était pas encore sur scène se recula pour les laisser passer en silence.
« Anylin… tu enverras l’ambulance dans mon bureau…
— Ok ! Et pour lui ? Demanda son ex.
— Il se démerde ! »
Kyle regagna son bureau serrant contre lui, le jeune homme. Une fois, dans son antre le patron posa Léo sur son fauteuil. Un énorme bleu était en train de se propager sur les traits réguliers du jeune homme. Sa gorge se noua. Il était censé faire quoi ? Jamais il ne s’était sentit aussi en colère de toute sa vie. Il se dirigea vers la petite salle de bain se trouvant à côté de son bureau et sortit un gant de toilette qu’il humidifia. Il tira des vêtements de rechange qu’il avait toujours au cas où.
Il se posta à côté du stripteaseur et nettoya les plaies. Il grimaça en voyant le sang au bas de son anatomie. Pourtant, il s’acquitta de sa tâche. Kyle ne savait pas pourquoi mais, il voulait donner un air digne au jeune homme. Lorsque les secours arrivèrent, Kyle avait enfilé un caleçon au danseur et un T.Shirt.
« Il est toujours inconscient ? Que s’est-il passé ? » Demanda l’un des secouristes.
Kyle expliqua tout ce qui s’était produit au moment où il était arrivé sur les lieux. Le secouriste vit le gant souillé. Et il réussit à faire parler le patron visiblement choqué par ce qui s’était produit devant son établissement. Ou bien… était-ce surtout par ce qui était arrivé au jeune homme ?
Lorsque le patron se joignit à eux pour le transport du stripteaseur vers l’hôpital, cela confirma au personnel soignant des sentiments de ce type pour la victime.
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Les yeux fixés au plafond, Léo accorda un semblant d’attention au médecin qui lui faisait le détail de ses plaies et fractures. Il voulait juste qu’il la boucle et qu’il se casse. Pourquoi lui parlait-il de soutient psychologique ? Tout ce que l’avocat avait comprit, c’était que le patron du club Panthera était venu l’accompagner jusque là. Qu’il avait donné tous les renseignements nécessaires… enfin ceux à sa disposition ! Un sentiment de honte le submergea.
Brutalement Léo tourna son visage tuméfié vers le médecin et lui jeta un regard mauvais.
« Que vous arrive t-il ?
— J’ai besoin d’être seul !
— Je comprends mais… je n’ai pas finit et…
— Je m’en fou… je veux être seul ! »
Ramirez haussa un sourcil et déclara sèchement
« Vous ne viendrez pas vous plaindre si…
— Je me suis fait… violer ! Alors, le reste… je m’en balance un peu…
— Une chance que votre patron ait été là… d’ailleurs ! » Ironisa le médecin.
Le regard de glace qui se posa sur Ramirez fit comprendre que sa boutade n’était pas appréciée par le jeune homme. A peine ce dernier quitta la pièce, que Léo prit son téléphone et appela son patron « officiel »
« Zandonà ! Enfin… Vous avez oublié le rendez-vous que nous avions ce matin o…
— Je suis malade et je suis à l’hôpital. J’ai été transféré hier soir inconscient. »
Le cœur de Léo battait furieusement dans sa cage thoracique. Pourvu que son patron gobe son histoire.
« C’est grave ? Interrogea Edwards.
— Je reviendrai lundi… et non… seulement un coup de froid et je suis mal tombé avec la fièvre.
— Ah… C’est seulement un contretemps !
— Oui… Nous pouvons seulement déplacer le rendez-vous de ce matin à lundi en début d’après-midi, comme il avait été prévu des le départ !
— Emmerson n’y verra pas d’inconvénient, enfin… soignez-vous bien ! Et évitez de vous balader si vous avez de la fièvre.
— Je ferai de mon mieux.
— Soyez en forme pour lundi, c’est important !
— Je ne manquerai pas notre rendez-vous. »
La voix de Léo était calme pourtant, il avait une soudaine envie de pleurer. Il raccrocha d’une main tremblante. Son postérieur le faisait horriblement souffrir et il ne se sentait pas d’attaque pour marcher. Dans quel état serait-il le lundi suivant ? Léo passa ses mains sur son visage et refoula ses larmes une nouvelle fois. De plus, le personnel le forçait à porter plainte ! Il aimerait le faire mais, s’il le faisait, il devrait dire ce qu’il faisait au club Panthera et ça… Edwards ne l’accepterait absolument pas et Léo se ferait virer avec perte et fracas.
Un raclement de gorge le fit sursauter. Il baissa les mains et rencontra le regard presque violet de son patron. Ce dernier semblait terriblement gêné et… inquiet.
« Patron ? S’étonna d’une voix enrouée au plus grand dan du jeune homme.
— Je… je suis venu voir si tu allais bien… »
L’air visiblement malheureux de Kyle, troubla Léo qui laissa les larmes couler de guère lasse. Il s’essuya rapidement le coin des yeux et marmonna faiblement.
« J’ai une poussière dans l’œil !
— T’as pas besoin d’t’excuser pour ça ! Y’en a plus d’un qui pleurerait à ta place… »
Léo se racla la gorge pour se l’éclaircir et il souffla reconnaissant
« Je voulais vous remercier pour hier soir… Anylin est passée plus tôt et… elle m’a expliqué.
— Ah… c’est rien… J’laisserai jamais un de mes employés se faire démolir par qui que ce soit ! » Répliqua le patron de la boîte de striptease.
— Et bien… merci quand même… Je ne sais pas à quoi je ressemblerai en ce moment si vous n’étiez pas intervenu patron !
— Ah… laisse ! »
Un silence lourd s’établit entre les deux hommes. Kyle avait du mal à regarder Léo et ce dernier prit cela pour du dégoût. L’avocat eut mal. Maintenant, c’était sûr… il devait quitter le club. Ils voulurent parler en même temps et Léo préféra laisser parler son patron.
« Tu ne reviendras pas tout de suite… Je te laisse un mois ou deux pour… pour te refaire une santé. Plus si t’as besoin. Je me charge d’engager un agent de sécurité pour l’arrière du club. J’n’ai pas envie que tous mes employés se fassent tabasser ! J’aurai dû en prendre bien avant mais… Mais…
— Patron… Je ne reviendrai plus !
— Quoi ? S’étonna Kyle abasourdis.
— Je… je…
— Ce n’est pas possible ! » Rétorqua toujours choqué Kyle.
L’expression de douleur qui passa dans le regard sombre fut interceptée par le patron du club. Un nouveau silence prit place. Léo remonta ses jambes et grimaça de douleur. Il voulait disparaitre et ne plus inspirer de la pitié. Il voulait être seul… et oublier.
« Partez… partez patron… »
Kyle resta immobile quelques instants, désemparé. Cela voulait-il dire qu’il ne reverrait plus le danseur ? C’était impossible ! Il n’avait rien fait pour mériter cela… Pourtant, en voyant les épaules crispées et l’attitude fermée de Léo, Kyle capitula mais, avant de quitter la pièce il déclara
« Si tu veux revenir au club… même comme ça… tu seras le bienvenu. Tu nous manqueras… »
Léo releva la tête et scruta la porte un long moment. « Nous »… A chaque fois, ce n’était pas « lui » mais, l’ensemble du personnel ou pour le personnel. Un sanglot traversa à nouveau Léo qui se sentait particulièrement émotif depuis son réveil.
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Grace à son expérience au Panthera, Léo su se grimer pour faire disparaitre ses ecchymoses. Il eut plus de mal par contre à rester très longtemps debout et nombreuses furent les journées où il dû camoufler sa souffrance physique. Pour ce qui était du moral… Les jours se succédaient aux autres et la nervosité ne le quittait pas.
Son regard devenait inquiet dès qu’un homme s’approchait trop de sa personne. Le personnel commença à se poser des questions au sein du cabinet Wellscott. Lèo si souriant, aimable et serviable avait disparu. Sa façon d’être sur le qui-vive souleva un tas de questions au sein de l’entreprise, au point où il fut convoqué un beau matin à peine installé devant son bureau.
Le cœur vacillant, Léo se présenta devant les actionnaires du petit cabinet d’avocats.
« Zandonà… Nous ne savons pas ce qui se passe dans votre vie actuellement mais, depuis votre « accident » vous ne semblez plus dans votre assiette.
La nervosité du jeune avocat monta en flèche. Avec une extrême nervosité Léo déglutit et son regard se posa sur ses interlocuteurs en essayant de paraitre le plus assuré possible.
« J’ai quelques soucis familiaux et… tout devrait rentrer dans l’ordre rapidement. »
Edwards l’observa intensément.
« Nous l’espérons… Votre comportement même s’il ne gêne pas la qualité de votre travail, déstabilise tout le bureau. Rappelez-vous que nous sommes une petite entreprise familiale et…. »
Léo écouta le reste du discours d’une oreille distraite. « Familiale ». Cette image, lui, la voyait surtout près du club Panthera. Le regard violet le troubla un bref instant. Puis, la peur vint le ronger à nouveau. Non… tout avait été brisé… il y a presque deux mois de cela. Léo sortit du bureau après avoir discuté du dernier dossier qui lui avait été confié.
Toutefois, l’entrevue lui montra combien il devait faire attention. Il s’enferma dans son bureau et sortit de son tiroir une petite boite dans laquelle, des anxiolytiques étaient camouflés dans une boite censée contenir des aspirines. Comment allait-il faire ? Plus les jours passaient, plus il faisait des cauchemars et plus, il devenait nerveux. Les images de son agression passaient sans cesse dans son esprit. Le visage de son ancien patron également d’ailleurs.
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« Maitre Zandonà… »
Surpris d’entendre la voix d’Anylin dans le cabinet Wellscott, Léo se tourna et blêmit. La danseuse était absolument renversante. Tous les regards dans le bureau s’étaient tournés vers eux. Les femmes méprisantes et les hommes se retenaient à grand peine de baver sur leurs claviers.
Il fallait dire que la jeune femme portait un jeans moulant et un chemisier largement ouvert sur sa poitrine généreuse. Ses cheveux courts et artistiquement posés, était rehaussé par l’éclat des yeux bleus comparable à des saphirs. Rien n’était racoleur chez Anylin, mais, elle savait exploiter sa féminité contrairement à beaucoup de femmes.
« Anylin ? Que fais-tu ici ?
Un sourire chaleureux s’inscrivit sur les traits de la jeune femme qui déclara ravie.
« Je suis heureuse que tu ne fasses pas comme si tu ne me connaissais pas ! J’ai eu peur…
— Je serai un imbécile… Marmonna Léo qui avait pensé pendant une fraction le faire.
— Il y en a beaucoup qui peuplent cette planète. Rétorqua la stripteaseuse.
— Malheureusement… Tu…
— Je voudrai te voir pour un problème… personnel. Je peux abuser de ton temps ?
— Je t’en prie… suis-moi… »
Sans un mot, le couple prit la direction du bureau de l’avocat qui ferma la porte derrière sa cliente.
« Que puis-je pour toi ?
— C’est plutôt moi qui peux quelque chose pour toi… et Kyle !
— Pardon ? S’exclama Leo.
— D’abord… C’est une surprise de découvrir que tu es un avocat… depuis tout ce temps…
— … Je n’arrivais pas à quitter le club. Avoua Leo.
Un fin sourire éclaira les traits de la jeune femme qui demanda
« Ce n’est pas Kyle que tu n’arrivais pas à quitter ?
— C’est bon… Je ne suis pas là pour écouter tes plaisanteries… Que me voulais-tu ?
— Kyle ne va pas bien depuis que tu es parti. »
Léo fronça les sourcils et observa son interlocutrice.
« Que veux-tu dire ?
— C’est comme si… Je ne l’ai jamais vu comme ça auparavant. Il se fiche de ce qui peut arriver… Il est devenu négligeant alors qu’il est si sérieux et… il boit !
— Ce n’est pas lui qui s’est fait violer ! Déclara narquois Leo.
— C’est tout comme ! Il est amoureux de toi… et si tu avais vu dans quel état il était quand il t’a découvert. Nous avons été plusieurs pour l’arrêter, il allait vraiment tuer ce type !
— Il me parle sans cesse du club et pas de moi… ou de ce qu’il ressent » Rétorqua sombrement l’avocat.
— Tu ne vas pas me dire que tu vas être aussi borné que cette tête de mule ? Interrogea la brune.
— Je ne vois pas de quoi tu parles !
— Tss… Vous êtes compliqués les mecs. Après on dira des femmes…
— Je ne suis pas homo…
— Lui non plus… Pourtant vous vous aimez !
— Ne raconte pas n’importe quoi ! Siffla Leo.
— Alors pourquoi as-tu continué à fréquenter le club pendant un an malgré ton job ici ?
— Parce que… »
Le regard de Léo devint brillant et un frisson d’angoisse le traversa. L’homme enfoui son visage dans ses mains. Anylin observa les épaules crispées. Elle soupira et contourna le bureau et enfouie ses doigts fins dans la tignasse brune dans un geste maternelle.
« Léo… je comprends ce que tu traverses… A part que pour moi... j’ai vu tout ce qui se passait. Tu sais… si tu n’affrontes pas tes peurs et la vérité, tu n’y arriveras pas ! Et puis, avec le temps… Je ne vais pas dire qu’on s’y fait mais… presque. Je me suis fait une raison. C’n’est peut-être pas la solution. Mais, c’est le moyen que j’ai trouvé pour surmonter tout ça. »
Léo observa la jeune femme qui l’observait avec un sourire triste.
« Je ne comprends pas comment tu as pu avoir d’autres relations sexuelles et comment tu peux… tu peux t’exhiber… Je veux dire tous ces regards, tous ces hommes…
— D’abord… Kyle, je peux te le dire est très doux et tendre. Il est solide et puis… il m’a beaucoup aidé. A croire qu’il récupère tous les objets ébréchés… Et puis, pour moi affronter le regard des autres, des hommes… c’est ce qui permet d’affronter mes peurs. De me prouver que je suis plus forte que mes démons. Lorsque je sors de scène, c’est comme si je renaissais à chaque fois ! Alors… au lieu de te replier sur toi-même comme tu le fais… affronte ce qui s’est passé. Je comprends mieux pourquoi tu ne peux pas porter plainte. Et puis… même si tu n’as pas l’intention de sortir avec Kyle, rend lui visite. Après tout… tu lui dois un peu ça… Non ? »
La danseuse eut un petit sourire triste et se dirigea vers la porte. Elle resta un instant immobile, la main sur la poignée.
« Tu sais… il t’aime comme un fou… »
La porte raisonna longtemps aux oreilles de Léo. Le regard violet flotta longuement devant celui de l’avocat. Il prit soin pourtant de mettre les paroles d’Anylin dans un coin de son esprit. Il ne faisait plus partie de ce monde là !
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Les rues étaient brillamment éclairées. Un peu trop au goût de Léo. Il aimait ce quartier pourtant… avant. Ses jambes tremblaient malgré lui. Son regard parcourut les enseignes lumineuses qui pavaient l’avenue. Sa gorge se noua mais, après plusieurs tentatives amorcées pour retourner au club Panthera, il avait décidé que ce soir serait la bonne.
L’avocat avait mit un costume pour l’occasion et sa paire de lunettes. Il n’avait plus du tout l’air du jeune homme plein d’entrain qu’il était presque huit mois plus tôt. Léo avait mûrit même si intérieurement, il se sentait fragilisé. Il traversa la rue pour s’arrêter à quelques pas de l’établissement. Léo enfouit ses mains dans les poches de son pantalon. Il souffla doucement et après plus d’un quart d'heure d’hésitation entra dans son ancien club.
Léo traversa le vaste hall éclairé révélant les moulures dorées, et les tentures pourpres. Les portes boisées s’ouvrirent devant lui. Le videur, Léo ne le connaissait pas et il s’en moquait. L’établissement paraissait toujours aussi fréquenté. L’avocat prit un siège dans le fond, derrière quelques plantes. Il croisa ses jambes. Son attitude était relativement calme.
Cela contrastait avec l’ambiance survoltée qui régnait dans la pièce. Kylie se déhanchait sur la scène en sous-vêtements. Les hommes aguichaient la danseuse avec des billets qu’ils agitaient comme des drapeaux. Autour des tables rondes des couples se tenaient observant plus ou moins le spectacle. Ils sirotaient leurs verres où en commandaient un.
Le regard de Léo balaya la pièce. Il ne vit aucune trace de Kyle. Miky vint prendre sa commande sans le reconnaître. Elle mâchouillait toujours son chewing-gum constata Léo malgré lui. Pourtant, ce n’était pas à force de se faire réprimander par leur patron sur la tenue que tous les serveurs devaient arborer. Le fait, qu’il prenne certainement ses repaires donna de l’assurance à Léo qui prit plaisir au spectacle.
Anylin apparut sur la scène. Un sourire effleura les lèvres de Léo. C’est en voyant un spectacle de la jeune femme qu'il avait eu envie de tenter l’expérience. Elle était tellement belle… et dire que c’était pour elle qu’il avait intégré le club pour se rendre compte qu’elle appartenait au patron… qui la trompait avec un bon nombre de femmes. Comment avait-elle supporté cela ? Lui, ne le comprenait pas. Une heure plus tard, l’avocat quitta la pièce sans un regard en arrière.
Léo avait eu envie de rencontrer Kyle. Même quelques secondes… Mais, qu’aurait-il pu lui dire ?
Déçu, en colère après lui-même, troublé et… soulagé, Léo quitta les lieux.
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La pièce était surchauffée et Léo étouffait. Pourquoi avait-il accepté d’accompagner ses collègues à ce Karaoké ? Il détestait cela. Pourtant, il se retrouvait à chanter une chanson des Ramones « Pet cimetery ». Mais quelle andouille avait choisit une chanson punk ? Et pourquoi cela devait-il être lui qui devait la chanter ? Pourtant, allant jusqu’au bout de son interprétation, Léo ne trembla pas, bien au contraire. Il attirait les regards de ses collègues à lui. De plus, sans vraiment s’en rendre compte, il avait tombé la veste et se déhanchait.
Lorsqu’il eut finit, un tonnerre d’applaudissements raisonna dans la pièce. L’avocat effectua quelques courbettes. La bière coula à flot et Léo oublia son quotidien morne et sans saveur. Il avait tenté récemment de sortir avec Louisa qu’il avait trouvée un peu intéressante. Pourtant, il s’ennuyait. Elle ne pensait qu’aux convenances, aux apparences, à fonder une famille et à l’argent bien sur. Il avait eu quelques relations sexuelles et… même s’il avait eu peur, ses craintes s’étaient vite dissipées. Léo restait un homme, plus taciturne, plus mesuré mais… un homme.
L’avocat avait de plus en plus chaud. Comme le groupe semblait concentré sur la prestation de Louisa justement, Léo en profita pour s’éclipser en prenant soin de prendre sa veste. Il traversa l’établissement qui comptait une vingtaine de salles où toutes sortes de personnes s’éclataient à chanter dans des répertoires très différents. Léo maintenant traversa le hall principal où se trouvaient un grand bar et une salle de jeux vidéos. Il était presque à la sortie lorsqu’il reconnu une voix qu’il n’avait pas entendu depuis… presque un an.
Se retournant, il vit Kyle Stefesson aux prises avec le barman. Visiblement, il était éméché… c’était un euphémisme. Sans hésiter et sans réfléchir, Léo se posta à côté de Kyle et déclara calmement alors que la montagne de muscles qu’était son ex patron attrapait sauvagement l’employé.
« Patron… vous devriez mieux vous tenir… »
Surpris, Kyle lâcha le barman et se tourna d’un bloc vers Léo qui se tenait devant lui comme un fantôme.
« Léo ! »
Et sans qu’il puisse deviner sa réaction, Léo se sentit soulever presque de terre. Une peur animale vint le traverser. Son cœur allait éclater sous la pression sanguine. Pourtant, Kyle ne tentait rien d’autre… Il ne cessait de prononcer son nom, comme une incantation.
« Patron… et si on rentrait ? Souffla difficilement Léo toujours aux prises avec ses émotions.
— Rentrer ? Où ? » Interrogea l’homme visiblement déboussolé.
Léo se sentit posé sur le sol. Il scruta le visage tourmenté de son patron qui ne paraissait pas très frais, voir ressembler à une épave. L’avocat se souvint des paroles d’Anylin et il chuchota
« Venez chez moi, patron… »
Kyle observa Léo. Il était sur d’être en face d’une hallucination mais, il l’a suivrait partout où elle irait. Le barman lança d’une voix où la colère perçait.
« Et qui paye les consommations ? »
Kyle voulu se tourner mais tituba. Léo fit asseoir son imposant ex-patron et se tourna vers le barman et demanda brièvement.
« Combien ?
— Quatre cent cinquante dollars !
— Pardon ?
— Il n’a pas à se payer des bouteilles hors de prix ! Cracha le serveur.
— Ok… je paye ! »
Léo soupira et paya avec sa carte sans broncher. Il tourna son visage et rencontra les yeux injectés de sang de son patron. Sa gorge se noua. Jamais, il n’avait imaginé que Kyle Stefesson toujours tiré à quatre épingles puissent ressembler à cela.
Quelques minutes plus tard, ils étaient tous les deux sur le trottoir et Léo interpella un taxi. L’homme voyait bien combien son ex patron le dévorait du regard. Cela l’émue et les sentiments qu’il pensait avoir étouffé ressurgissaient avec force au point qu’il se sentait étouffé sous l’amour qu’il éprouvait.
« Montez patron…
— Tu vas disparaitre… Répondit Kyle.
— Montez et je ne vais pas disparaitre ! »
Le ton de Léo avait été plus froid. Kyle ne discuta pas, et monta dans le véhicule. Léo donna son adresse. Le regard de son patron toujours fixé sur lui, provoquant un certain malaise chez l’avocat.
« Arrêtez de me regarder comme vous le faites patron… » Chuchota Léo avec désespoir .
— C’est parce que je ne cesse de penser à toi… Tu me manques tellement Léo… Je t’en supplie reviens-moi…
— Pour le club ? » Interrogea Léo narquois.
— Je m’en fou du club…. Je ne veux que toi !
— Vraiment ? »
Léo eut le cœur qui battit très vite. La réponse qui suivit le laissa sans voix.
« Je t’aime… je t’aime Léo ».
Abasourdi, l’avocat ne su quoi répondre. Quelques secondes plus tard, une tête se posa sur son épaule, provoquant un léger sursaut chez Léo qui ne s’y attendait pas. Le léger ronflement qui se fit entendre, l’étonna. Finalement, Léo se détendit et laissa la tête où elle se trouvait. Pour la première fois depuis très longtemps, l’homme se sentait en paix. Qu’importe le regard du chauffeur de taxi où le regard des autres. L’homme qu’il aimait été là avec lui…
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C’est avec beaucoup de mal que Léo avait installé son ancien patron sur son lit. Une chance qu’il ai prit la taille king-size. Kyle s’était enroulé sous les couvertures ne lui laissant pas le temps de le déshabiller. Léo en désespoir de cause, retira simplement les chaussures italiennes et vint rejoindre son ex-patron dans son lit une demi-heure plus tard.
Lentement mais sûrement, Léo s’endormit d’un sommeil réparateur et ce depuis un long moment. Au cours de la nuit, Kyle se rapprocha inconsciemment de Léo pour le prendre dans ses bras. L’avocat enfoui son visage sur l’épaule de l’homme.
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Lorsque le lendemain matin désorienté de sentir deux bras puissants l’encerclaient, Léo prit peur et frappa le dormeur assoupi à côté de lui. Un gémissement étouffé se fit entendre. Se redressant et se précipitant de l’autre côté de la pièce, Léo se retourna en attrapant un objet contendant. Lorsqu’il rencontra les yeux violets, il se laissa choir sur le sol, déboussolé. Kyle resta saisit et immobile ne comprenant pas pourquoi Léo se trouvait devant lui… et tremblant de peur.
Kyle se frotta la tête et se leva lentement.
« C’est... bien toi Leo ? »
Léo eut un rire bas et encercla la tête de ses mains. Lui qui pensait avoir surmonté sa peur, le voilà qu’il avait frappé Kyle et c’était enfui comme une « fille ». Il se détesta encore et encore pour sa niaiserie. Pourquoi avait-il si peur ? L’avocat n’entendit pas la voix de son ex patron, ni ses gestes. Lorsque deux bras voulurent l’encercler, Léo se recula vivement en arrière, le regard traqué.
Kyle ne savait pas bien ce qu’il devait faire où il se trouvait mais, de voir Léo comme ça le perturbait.
« Calme-toi… je ne vais rien te faire…
— Je le sais… C’est… stupide.
— Non… tu ne l’as jamais été Léo. C’est normal d’avoir peur…
— Je ne suis pas une femme… Gronda Leo.
— Je ne t’ai jamais prit pour cela… Jamais, je ne te prendrai pour une femme… »
Les larmes coulèrent une nouvelle fois sur le visage de Léo qui se maudit. Il se redressa brutalement, surprenant Kyle qui suivit sa silhouette habillé d’un pyjama à rayures.
« Où suis-je ? » Demanda Kyle en ne reconnaissant pas son environnement.
— Chez moi…
— Comment ai-je fait pour me retrouver chez toi ? Questionna Kyle surpris.
— Je vous ai rencontré dans un karaoké bourré et vous alliez casser la figure au barman. J’ai préféré vous ramener chez moi… Je ne sais pas où vous vivez et puis… et puis… je ne me sentais pas la force de vous emmener ailleurs qu’ici… »
Un mal de crâne vrilla les tympans de patron du Panthera. Léo s’aperçut de sa grimace et s’absenta pour revenir avec des aspirines. Il posa le verre et les cachets sur la table de chevet.
« Prenez patron… ça vous soulagera… »
Sans un mot, et se redressant péniblement Kyle attrapa la médication et avala le tout d’un trait.
« Allongez-vous… Je vais préparer le petit déjeuner. Vu votre tête un peu de repos vous fera le plus grand bien… »
Léo quitta la pièce. Son cœur battait à tout rompre de s’être montré aussi ridicule et… d’être si proche de Kyle. Il entreprit de préparer un petit déjeuner consistant. En voyant son patron de près, il avait constaté la maigreur qui ne lui était pas familière.
Kyle resta un moment figé au milieu de la pièce. Il ne savait pas s’il vivait un rêve ou s’il vivait une réalité. Si c’était un rêve, il ne voulait pas le quitter. Le patron du club s’assit sur le bord du lit et passa ses mains dans les cheveux dans un geste nerveux. Il était si fatigué et pour couronner le tout, nauséeux.
Avec précaution, Kyle se laissa choir sur le matelas. Son regard fixait le plafond. Léo était à quelques pas de lui… ce constat l’empli de joie. L’homme aurait voulu pouvoir traverser l’appartement et le serrer dans ses bras pour s’assurer qu’il ne rêvait pas après tout. Mais, il en fut incapable. Le sommeil le terrassa. Des mois sans dormir le rattrapaient brutalement.
L’avocat remercia le ciel d’être le week-end et d’avoir plus ou moins la paix. Il passa devant la chambre et vit pour son plus grand plaisir que Kyle dormait à poings fermés. Léo rentra et borda son ancien patron d’une couverture. Ses doigts s’attardèrent dans les mèches ébènes striés de blancs à présent. Il ne savait pas trop ce qu’il faisait… Mais, il se sentait bien depuis des mois. Sans plus se poser de questions, il veilla sur Kyle.
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Léo observa son téléphone et raccrocha en constatant qu’il le tenait sans réagir depuis quelques minutes. Louisa venait de le plaquer avec fracas. Certes, il n’allait pas pleurer mais, c’était dingue comment elle avait prit la chose. L’avocat s’était seulement absenté pour un karaoké parce qu’il en avait marre. Certes, il n’avait pas daigné la rappeler… et il lui avait répondu du bout des lèvres. Bon, c’était carrément sa faute ! Mais, il avait autre chose à faire que d’écouter ses jérémiades.
Contournant sa cuisine, Léo se dirigea vers la chambre et trouva toujours endormi son invité. Kyle se reposait et paraissait récupérer de longues nuits d’insomnies. Jetant un coup d’œil à sa montre, il se décida à appeler le club. Léo était persuadé que Kyle le ferait lui-même. Mais, le jeune homme n’avait pas le courage de le réveiller.
Il composa le numéro de Kristina qui décrocha visiblement de mauvaise humeur.
« Club Panthera… bonsoir !
— C’est Léo…
— Léo ? »
Visiblement abasourdie, la gérante en eut la parole coupée.
« Je voulais te prévenir que le patron dors chez moi depuis hier soir.
— Kyle est chez toi ? »
L’étonnement à son comble, la voix de la comptable était partie dans les aigüs dans un mince filet de voix. Elle toussota.
« Oui… je suis tombé sur lui et il n’allait pas vraiment bien. J’ai préféré le ramener chez moi plutôt que de le laisser seul et causer… quelques problèmes…
— Il… il va bien ?
— Je ne sais pas… Il semble… récupérer… »
Léo s’installa sur un fauteuil et remonta ses genoux. Son regard s’attardait sur les meubles de son salon. Le noir et le blanc apaisèrent ses nerfs. Les meubles design ne possédaient pas de relief permettant à l’œil de s’attarder dessus. Seules les plantes captèrent son attention et la petite fontaine en pierres rondes et polies qui laissait entendre un léger clapotis l’interpellaient.
« Tant mieux… je suis soulagée. » Puis se reprenant, Krystina remarqua sèchement. « Pourquoi tu n’ai pas venu le récupérer plus tôt ? »
— Je ne suis pas son garde malade !
— Je ne te parlai pas de cela ! Tu le sais pourtant…
— Seulement depuis hier soir ! »
Léo en y songeant eut le cœur qui tambourina dans sa poitrine. Il s’aperçut à contre cœur qu’il était désespérément et définitivement amoureux comme jamais auparavant. Bien sûr, l’avocat le savait depuis un long moment mais, pas de cette manière.
« Tu n’es qu’un crétin ! S’emporta la jeune femme.
— Si tu le dis… marmonna Léo.
— Tu l’aimes non ?
— Cela ne te regarde en rien !
— Si ! Parce qu’il ne vit plus sans toi ! Il venait te voir tous les vendredis soirs. Kyle te dévorait des yeux. Il a été anéanti par ce qui t’était arrivé et s’est traité d’incapable un nombre incalculable de fois parce qu’il n’a pas su te protéger ! Qu’est ce que tu attends à la fin ?
— Je ne sais pas…
— Tu l’aimes oui ou non ? S’énerva-t-elle encore.
— Oui… Oui… je l’aime… »
Léo vit un mouvement non loin de lui et leva les yeux. Kyle se tenait à quelques pas de lui stupéfait. Léo se sentit mal d’avoir été prit en flagrant délit et bafouilla
« Je te laisse Krystina… Le patron est debout… »
Il ne lui laissa pas le temps de finir sa phrase qu’il n’écouta même pas de toute façon. Un frisson traversa Léo en rencontrant le regard de glace.
« Krystina ?
— Je l’a prévenais que vous dormiez… et que vous étiez sauf…
— Léo… Je ne pourrai pas… enfin, de qui parlais-tu ? »
Kyle avait entendu les dernières paroles de Léo et il ne savait pas s’il devait basculer entre espoir ou désespoir. Il avait besoin de savoir tout de suite ! Le patron du Panthera n’osait traverser la pièce de peur d’effrayer encore Léo ou bien qu’il ne soit un mirage quelconque.
« De vous… »
Pour la première fois, Léo fit face à ses sentiments et ne les ignora pas. Il fut stupéfait en voyant la détresse passer sur le visage de Kyle et son soulagement. Sans attendre plus, Léo traversa le salon et prit entre ses mains, le visage de son ancien patron.
« Je vous aime… et depuis si longtemps… »
Kyle eut l’impression qu’un éclair le traversait. Et il écarquilla les yeux lorsque Léo attira son visage près du sien et que ses lèvres se plaquèrent sur les siennes. Troublé, il se laissa faire pour encercler brutalement la taille de l’ancien stripteaseur et lui rendre avec passion son étreinte. Léo se sentait décoller. De chaste, le baiser devint pour lui un véritable élan d’exaltation. Ses mains tenaient fermement le tissu de la chemise froissée. La barbe naissante lui piquait le visage mais, il s’en moquait. Kyle était à lui… à lui seul !
Le baiser cassa et les deux hommes se regardaient avec surprise.
« J’aurai dû te le dire depuis longtemps moi-même… Souffla Kyle.
— Je crois… qu’on ne voulait pas perdre la face…
— J… j’ai du mal à réaliser. » Chuchota Kyle ému.
Et comme pour se rassurer, Kyle embrassa à nouveau Leo. Ils étaient incapables de se détacher l’un de l’autre. L’avocat plaisanta
« Tu es le baiser le plus « piquant » que j’ai jamais eu dans ma vie…
— Je compte bien être aussi le dernier. » Sourit Kyle.
Un léger sourire répondit au patron du Panthera qui resserra son étreinte autour de son ancien danseur.
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Léo sortit du cabinet le cœur léger. Il avait cru devoir débattre longuement sur sa démission mais, apparemment… il n’était pas si indispensable qu’il le croyait. Quelque part, l’avocat en eut un pincement au cœur, mais, d’un autre côté… il en était heureux. Cela lui permettrait de rejoindre plus vite Kyle qui devait l’attendre impatiemment.
Un taxi s’arrêta devant lui, et Léo s’engouffra à l’intérieur le cœur léger. Kyle… se nom revenait sans cesse dans sa tête. Kyle et lui n’avaient toujours pas fait l’amour au bout d’un mois de relation. Léo ne le pouvait toujours pas, arrêtant les avances trop entreprenantes. Pourtant, petit à petit, il se laissait apprivoiser par son homme qui avait une patience à revendre.
Un sourire éclaira les traits du jeune homme en songeant à son avenir. Il était devenu l’avocat du Panthera mais aussi, de quelques autres boites de striptease et de night club de la ville. Léo avait ouvert son propre cabinet pour pouvoir vivre pleinement sa relation avec Kyle. Il ne justifiait pas ses horaires… Le peu de temps où Kyle s’était reposé chez lui, un mois plus tôt avait démontré combien, ils leur seraient difficile d’entretenir leur liaison s’ils n’étaient pas sur le même diapason.
Le taxi s’arrêta devant le club. Les appartements de Kyle se trouvaient juste au dessus. Lorsqu’il sortit, quelques membres du personnel le saluèrent. Traversant le club illuminé comme en plein jour, Léo eut un pincement au cœur. Le lieu lui paraissait plus froid, moins cosy qu’en pleine nuit. Son sourire s’élargit lorsqu’il prit l’ascenseur pour gagner son nouveau chez lui. Kyle ouvrit la porte.
« Tu es revenu très vite…
— Tu vas te plaindre ? Ironisa Léo.
— Certainement pas… » Sourit Kyle.
Ce dernier enlaça sa moitié et le souleva à sa hauteur.
« J’étais même plutôt impatient…
— Vraiment ? » Fit Léo attendrit.
La joie presque enfantine qui se lisait sur le si beau visage de Kyle l’émouvait. Le patron du club avait retrouvé figure humaine. Ses beaux yeux violets reflétaient la joie de vivre. Il était redevenu un homme soigné et tiré à quatre épingles.
« Vraiment… » Chuchota Kyle.
— Tu sais… je sais marcher… » Souffla Léo, les doigts perdu dans les mèches sombres.
— Je le sais… mais, j’aime te tenir contre moi…
— Pervers… Sourit Leo.
— Tu n’es pas en reste… quoique… j’aimerai… j’aimerai qu’on aille plus loin… »
Le regard violet était chargé de désir brutalement. La gorge de Léo se noua, pourtant maintenant, il se sentait prêt. Et puis, ce n’est pas comme s’il ne savait pas à quoi s’attendre.
« Moi aussi… Kyle… »
Léo sentit Kyle le déposer sur le sol. Son regard s’était fait intense et il murmura comme s’il était prêt à voir s’envoler l’ancien danseur.
« Tu es… sûr ? »
Pour toute réponse, Leo embrassa le patron du Panthera. Ses mains couraient sur le corps dur devant lui, défaisant au passage quelques boutons. Kyle n’attendit pas plus et déshabilla son amant. Ses gestes étaient tendres et il prit son temps pour découvrir le corps qui s’offrait à lui. La peur avait disparu du regard de Léo et la confiance qu’il lui accordait le touchait.
Léo se laissa emporter par le plaisir et regretta quelque part, de ne pas avoir succombé plus tôt à son ancien patron.
[i] Defensive-end = sur la ligne défensive en football américain. Joueur assez lourd.
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Ndlr : Hum... c'est une nouvelle "gentille" qui m'a traversé l'esprit. Je voulais juste ne pas me prendre la tête. J'espère qu'elle vous aura tout de même plu. A bientôt, Jijisub